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Pic de chaleur : pourquoi fait-il plus chaud en ville ?

31/07/2020

La nuit dernière, les températures ont peu baissé. Les températures minimales de la nuit dernière et du début de matinée étaient souvent supérieures à 20°C (ce qui caractérise ce qu'on appelle une "nuit tropicale") sur une large partie ouest et sud du pays, très localement au niveau des records mensuels voire absolus. 

Des records absolus de température minimale élevée ont ainsi été battus avec (liste non exhaustive) :

  • 21,5 °C à Laval (53), battant les 21,0 °C du 25/07/2019 et du 21/07/1995
  • 24,1 °C à Duras (47), battant les 23 °C du 25/07/2019 
  • 22,3 °C à Tusson (16), battant les 22,2 °C du 13/09/2016

Le mercure n'est pas descendu en-dessous de :

  • 22 °C à Paris (75), soit une température minimale 5 °C au-dessus des normales de saison
  • 23 °C à Lyon (69) (+6 °C) ;
  • 23 °C à Biarritz et Toulouse  (+6 °C) ;
  • 24°C Le Mans (+9), Rennes (+9), Cognac (+8), Clermont-Ferrand (+9)

  • 25°C Bordeaux (+9)

 

La chaleur est accentuée la nuit dans les grandes agglomérations. Cet effet est appelé îlot de chaleur urbain.

Qu'est-ce que l'îlot de chaleur urbain ?

La nuit, la température en ville peut rester plus élevée que dans les zones rurales voisines ; il se crée ainsi une bulle de chaleur sur la ville, appelée îlot de chaleur urbain (ICU).

Un microclimat au cœur de la ville

En ville au contraire, les matériaux des bâtiments et des surfaces urbaines emmagasinent l'énergie solaire et la restitue à l'atmosphère urbaine. L'air au-dessus de la ville se refroidit donc moins qu'à la campagne générant ainsi l'ICU, phénomène essentiellement nocturne qui traduit l'écart de température observé entre une agglomération et les zones moins urbanisées alentour. 

Le mécanisme d'îlot de chaleur urbain - © Météo-France

L'exemple de l'îlot de chaleur urbain à Paris

Avec son tissu urbain très dense, Paris génère un ICU qui se traduit par des différences de températures nocturnes avec les zones rurales voisines de l'ordre de 2,5 °C en moyenne annuelle. Ces différences peuvent atteindre 10 °C en été, en cas de situation anticyclonique par vent faible et ciel clair, comme les canicules. L'ICU se caractérise généralement à l'échelle d'une agglomération.

Le nouveau contexte climatique au XXIe siècle

Au cours du XXle siècle, les vagues de chaleur seront de plus en plus fréquentes, longues et intenses en France. En juin, juillet, août, les projections climatiques réalisées par les climatologues de Météo-France à Paris indiquent une hausse des températures moyennes comprise entre 1,0 et 5,3 °C. Le nombre de journées annuelles avec une température maximale supérieure à 25 °C devrait passer de 59 à 109, contre 49 jours actuellement. Le nombre de jours de canicule devrait atteindre 3 à 26 jours par an, au lieu d'1 jour en moyenne actuellement. Le territoire parisien, déjà plus sensible aux événements extrêmes que les communes rurales, devra faire face à une amplification de l'inconfort thermique en raison de son îlot de chaleur urbain particulièrement intense en période de fortes chaleurs. Cette perspective d'un nouveau contexte climatique incite à l'adaptation et à la mise en œuvre de solutions de thermorégulation pouvant influencer l'intensité des ICU. 

Faire face aux canicules sans climatisation ?

Une nouvelle étude publiée dans Environmental Research Letters

Les canicules, qui vont devenir de plus en plus fréquentes et intenses, constituent une menace pour le bien-être et la santé des personnes. Pourra-t-on s'y adapter sans recourir massivement à la climatisation, qui par son importante consommation d'énergie peut mettre en péril nos efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Dans le cas de l'Île-de-France, cela sera difficile, selon une équipe interdisciplinaire de l'École des Ponts ParisTech, du CNRS, de Météo-France et du CSTB. Cependant, la végétalisation des villes, une meilleure isolation des bâtiments, la mise en place de toitures réfléchissantes et un usage raisonné de la climatisation pourraient permettre de réduire presque de moitié la quantité d'énergie nécessaire à celle-ci, comme le montrent leurs résultats publiés dans Environmental Research Letters.

En savoir plus : http://www.cnrs.fr/fr/faire-face-aux-canicules-paris-sans-climatisation

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